Plan cadre de la RBA

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Préface :

 

L’étude du Plan cadre de la réserve de Biosphère de l’Arganeraie s’articule autour de l’état actuel, de l’analyse de l’évolution des indicateurs et leur projection, des discussions avec les principaux acteurs dans la région sur l’évolution pronostiquée, et de la finalisation de l’ébauche du plan cadre.

L’état actuel de l’Arganeraie a mis en évidence la très grande richesse naturelle et humaine dans toute la région du Sud-Ouest marocain. Cette richesse est d’autant plus importante puisqu’elle dégage de très grandes diversités d’une zone à l’autre et souvent d’une commune rurale à l’autre. Elle est le résultat d’une pratique ancienne à travers une histoire riche en événements naturels et économiques.

A travers l’évolution antérieure de l’Arganeraie, on se rend compte que l’ambiance écologique en général et celle de chaque écosystème en particulier est le résultat direct de l’évolution passée de plusieurs facteurs interdépendants. Ces facteurs naturels ou humains, ainsi que d’autres acteurs agissent sur le milieu, ayant en même temps favorisé une évolution «régressive » de l’arganier.

L’interaction des différents facteurs et leurs effets sur l’arganier permet de dégager quatre indicateurs qui conditionnent l’évolution de la région d’arganier :

  • les indicateurs physiques (ressources en eau, érosion des sols),
  • les indicateurs de végétation,
  • les indicateurs socio-démographiques (densité humaine, revenu, émigration)
  • les indicateurs socio-économiques (effectif du cheptel, SAU par ménage).

L’analyse de ces indicateurs a permis de préciser l’évolution future de chaque facteur ainsi que l’interaction qui existe entre les différents indicateurs.

L’enquête auprès d’un échantillon de la population, répartie sur les différentes zones naturelles, ainsi qu’auprès des gestionnaires locaux, tout en inventoriant les projets en cours de réalisation ou réalisés dans la région, ont montré que :

  • la population est consciente de la dégradation de l’Arganeraie et de la nécessité de la protéger voire même de la développer,
  • les responsables locaux essayent d’intégrer la vision écologique et protectionniste dans tout projet programmé dans la région.

Les zones centrales, tampons et de transition délimitées ont été décrites après visite sur le terrain et suite aux discussions avec les gestionnaires forestiers.

La vision de l’écosystème souhaité, limité à ces différentes zones et parfaitement intégré dans le développement rural, nécessitait la programmation ainsi que la réalisation d’un certain nombre de mesures.

Les mesures ainsi proposées sont de trois ordres :

  • mesures communes, spécialement définies en fonction des zones naturelles,
  • mesures spécifiques pour chaque zone (A, B et C),
  • mesures d’accompagnement qui permettent de définir un cadre de gestion des programmes d’action et d’assurer un bon fonctionnement de la RBA.

Les discussions avec les responsables locaux de chaque province d’un côté et la population usagère des zones centrales de l’autre, ainsi que les ONG, ont permis d’approfondir les mesures proposées et de les réorienter pour assurer une meilleure conservation et le développement de l’Arganeraie. Ces actions ne peuvent réussir que grâce à l’élaboration des mécanismes de participation de la population dans le processus de développement et d’aménagement.

La population usagère des zones A est ainsi sensibilisée pour adhérer aux actions prévues. Elle a émis une série d’observations tant du point de vue mesures que celui des limites des zones centrales.

Les mesures potentielles retenues pour la RBA constituent un programme homogène et complémentaire entre les trois zones. Cependant, ces mesures doivent être investies par des études complémentaires pour préciser les priorités et approcher d’avantage l’impact des interventions envisagées dans le cadre de la RBA sur l’évolution globale de l’écosystème.

La proposition d’organisation pour la mise en œuvre du Plan Cadre permet d’insérer la RBA dans la dynamique globale du milieu en faisant participer la population usagère et les différents acteurs locaux, s’agissant d’une action sociale de développement, la solidarité entre différents composants de la société, a constitué un élément de base pour la préservation et le développement de l’Arganeraie.

La mise en œuvre concertée avec les population des futurs projets de développement nécessitera non seulement une volonté politique constante sur le long terme, mais des moyens humains et matériels suffisants et performants. Elles sera nécessairement accompagnée d’« un plan de formation » et d’une stratégie de communication rationnels et adaptés au contexte particulier de la RBA.

L’élaboration du Plan Cadre de la Réserve de Biosphère Arganeraie est ainsi le résultat d’un ensemble de travaux d’études qui ont abouti à l’établissement de quatre volumes de connaissances et de propositions en vue de planifier le développement global de la région couvrant essentiellement les écosystèmes « Arganeraie » afin de dégager les trois objectifs principaux :

  • recherche de l’amélioration significative du bien-être économique et social des populations
  • conservation et si possible développement de l’écosystème Arganeraie dans le cadre d’un développement durable
  • développer l’éducation environnementale et la solidarité sociale.

Les multiples étapes de l’étude qui ont été largement développées lors de la présentation des études aux comité du suivi et qui ont fait l’objet des Documents Partie I (2 volumes), Partie II, Partie III et Partie IV ont fait appel non seulement aux sources bibliographiques disponibles, mais surtout ont été élaborées après de très nombreuses investigations sur le terrain, ainsi que l’exploitation des études et enquêtes démographiques récentes.

En outre, le zonage de la RBA ainsi que les mesures potentielles qui ont été proposés enrichis et adoptés lors des réunions du comité de suivi (Juillet 1999 et Février 2000) a fait l’objet de longues présentations et discussions dans les douars concernés aussi bien avec les responsables des Administrations et délégations des différents départements ministériels intéressés ainsi qu’avec les principales associations et ONG opérant sur le terrain.

D’une manière générale, les résultats attendus de la mise en œuvre des actions et projets de développements pourront se traduire par les résultats concrets quant à la stabilisation de la dégradation des écosystèmes à l’horizon 2008. Cette échéance de 2008, qui a fait l’objet de longs débats au sein du comité de suivi, est une vision à moyen terme afin de réaliser une première évaluation des projets de développement de la RBA.

Dans le même sens des avancées significatives en ce qui concerne l’élévation du niveau de vie et de bien-être socio-économique des populations ne seront concrétisées que si des moyens importants sont mis en place et des aménagements agro-forestiers réalisés.

En outre, ces avancées sont conditionnées par l’exécution des infrastructures de base nécessaires en matière d’équipement : eau, électricité, routes et pistes rurales et action d’alphabétisation et de formation professionnelle des jeunes ruraux.

Cependant, il faut souligner la nécessité incontournable d’une mise en œuvre concertée des actions de développement aussi bien avec les populations concernées qu’avec les structures élues (Communes Rurales, Conseils Provinciaux, conseils Régionaux, etc …).

Des propositions de mise en œuvre ont été formulées (Chapitre IV) pour servir de plate-forme de discussion et d’élaboration du montage institutionnel approprié étant entendu qu’il y a lieu de faire preuve d’imagination et de créativité dans la définition des structures institutionnelles de pilotage et de gestion des actions de développement qui seront retenues.

A ce sujet, nous estimons qu’à défaut d’une structure paritaire décentralisée regroupant des responsables administratifs, les élus et les associations concernées  représentatives, les projets pourraient être mis en œuvre en faisant appel aux montages traditionnels (Administrations) d’une part, et à des structures associatives qui pourraient avoir la responsabilité d’un certain nombre d’activités (et en particulier la mise en place des zones centrales).

Quelque soit le montage retenu, il convient d’insister sur le caractère pionnier d’une Réserve de Biosphère quant à la gestion des ressources naturelles avec des écosystèmes équilibrés mais toutes les activités engagées seront accompagnées d’une vaste compagne de sensibilisation qui facilitera l’adhésion des populations intéressées.

 

Table de Matières

Préface

1.    L’Arganeraie – système traditionnel de vie et de production agricole

2.    L’aire de l’Arganeraie et son évolution jusqu’aujourd’hui

  • Le milieu naturel
  1. Sols
  2. Climat
  3. Ressources hydriques
  4. Végétation et faune et la répartition de l’arganier (trois cartes)
  5. Érosion (une carte)
    • Le milieu socio-économique
  6. Population (deux cartes)
  7. Production agricole
  8. Production forestière
  9. Revenu (carte)
    • L’occupation du sol

1.    Habitat et l’équipement social (carte)

  1. Cadre juridique d’occupation des terres

3. L’évolution pronostiquée de l’aire de l’Arganeraie

                  3.1 L’évolution de quelques paramètres clefs

  1. Les ressources en eau
  2. L’érosion
  3. La végétation
  4. La situation démographique (carte)
  5. Les revenus (carte)
  6. Le cheptel
  7. La superficie agricole utilisable (SAU) par ménage

                  3.2 Visions de l’avenir par différents acteurs et institutions

  1. Vision des groupes sociaux
  2. Vision des acteurs et institutions
  3. Actions et projets par différents acteurs

3.3       Synthèse : l’avenir de l’Arganeraie

  1. Plan cadre d’une Réserve de Biosphère Arganeraie

4.1 L’idée d’une Réserve de Biosphère: trois zones de développement

      4.2 Zonage de la Réserve de Biosphère de l’Arganeraie (carte)

  1. Dix-huit zones centrales
  2. Treize zones tampons
  3. Quatre zones de transitions
  4. Conclusion

      4.3 Mesures potentielles

  1. Propositions pour les zones centrales
  2. Propositions pour les zones de tampon
  3. Propositions pour les zones de transition
  4. Mesures d’accompagnement
  • La concertation
  1. Discussions avec les populations concernées
  2. Discussions avec les administrations
  3. Discussions avec les ONG
  4. Organisation pour la mise en œuvre et la gestion de la RBA
  5. Prérequis pour la mise en œuvre
  6. Structures de mise en œuvre
  7. Cadre institutionnel et statut de la RBA

Conclusion

Cartes

Carte 1 : Formations végétales

Carte 2 : Aire de répartition de l’arganier

Carte 3 : Zones naturelles

Carte 4 : Sensibilité des terres à l’érosion

Carte 5 : Densité de la population 1994

Carte 6 : Principaux axes de migration

Carte 7 : Revenu 1996 -1997

Carte 8 : Habitat, réseau routier et barrages

Carte 9 : Densité de la population projetée pour l’an 2008

Carte 10 : Revenus projetés pour l’an 2008

Carte 11 : Le zonage de la Réserve de Biosphère de l’Arganeraie

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